Votre santé

Qu’est-ce que l’Arthrose?

L’arthrose est une affection chronique dégénérative, une forme de rhumatisme qui détruit progressivement le cartilage recouvrant la tête des os de certaines articulations. Elle entraîne un handicap avec des difficultés à se déplacer.

L’Arthrose

C’est en général la douleur qui révèle l’arthrose, passée jusque-là souvent inaperçue.

genoux

 


Les principales localisations

L’arthrose touche essentiellement les articulations des genoux, des doigts, des hanches et du rachis cervicolombaire (1).

Articulations arthrose

 

Elle peut également atteindre la colonne vertébrale (vertèbres cervicales, lombaires …), la cheville, les épaules …. En général, plusieurs articulations sont concernées. On parle d’arthrose généralisée quand trois articulations au moins sont touchées.

 

REFERENCES

1 –  Richette. Généralités sur l’arthrose : épidémiologie et facteurs de risque. In Elsevier Masson, 2008.


L’arthrose est l’affection articulaire la plus fréquente

Aujourd’hui en France, l’arthrose touche près de 10 millions de personnes, soit 1 français sur 6. C’est une des premières causes d’invalidité dans les pays développés (1) et sa fréquence ne fait qu’augmenter avec l’âge, même s’il existe des formes chez les personnes plus jeunes. Avec l’augmentation de la population âgée et un doublement attendu de nouveaux cas d’ici 2030, elle constitue donc un véritable défi de santé publique.

Courbe croissante de l'évolution de l'arthrose

Car, au-delà de la douleur, cette maladie par ailleurs bénigne provoque au fil du temps une perte de la liberté de mouvement en limitant progressivement la mobilité des articulations atteintes. En 2005, l’arthrose représente aujourd’hui la 2ème cause d’invalidité en France, après les maladies cardiovasculaires (2).

 

REFERENCES

1 – Brooks PM. Impact of osteoarthritis on individuals and society : how much disability ? Socials consequences and health economic implication. Curr. Opin. Rheumatol. 2002; 14 : 573-7
2 – Etude COART : Revue du rhumatisme 72 (2005) 1326-1330


Les signes cliniques de l’arthrose

ThinkstockPhotos-78738981En général, la douleur est le signe révélateur de l’arthrose, son principal symptôme. Au début de la maladie, il s’agit d’une douleur mécanique rythmée par l’effort : elle apparaît et s’aggrave avec la mobilisation de l’articulation concernée et se calme au repos.

Chez certaines personnes, une phase de stabilisation plus ou moins longue peut apparaitre mais l’arthrose évolue inéluctablement.

L’évolution de l’arthrose peut également être émaillée de poussées inflammatoires caractérisées par un gonflement plus douloureux pendant quelques jours. Dans ce cas, la douleur persiste au repos et peut provoquer des réveils nocturnes.

 

Comment l’arthrose est-elle diagnostiquée ?

Le médecin traitant demandera d’abord des précisions sur les caractéristiques de la douleur, la sensation de raideur, la gêne dans les activités quotidiennes … Il recherchera l’existence d’une diminution de la mobilité articulaire, de déformations, d’une tuméfaction.

Si nécessaire, il s’appuiera sur un bilan biologique et des clichés radiographiques qui permettront des précisions (existence d’excroissances osseuses, d’un pincement au niveau de l’articulation c’est-à-dire d’une diminution de l’espace entre les os …)

Il pourra au besoin demander l’avis d’un rhumatologue voire, à un stade plus avancé, d’un chirurgien orthopédique.


Les facteurs de risque

L’âge est le premier facteur favorisant, mais il n’est pas le seul. D’autres facteurs sont maintenant bien identifiés :

  • Le sexe : l’arthrose est plus fréquente chez la femme que chez l’homme et sa fréquence augmente nettement après la ménopause, notamment pour l’arthrose des genoux et des doigts. Ainsi, l’arthrose de la base des pouces (rhizarthrose) atteint essentiellement les femmes (80 à 90% des cas) et passe de 8% de la population féminine avant la ménopause à 25% après.
  • L’hérédité : le caractère héréditaire est observable dans certaines familles (1). 
  • Les traumatismes ou microtraumatismes articulaires répétés: c’est le cas lors d’activités sportives de haut niveau ou de professions exposées à des gestes répétitifs violents ou à des vibrations (marteau-piqueur chez les mineurs, les foreurs, …).
  • Le surpoids : il est responsable d’une surcharge articulaire au niveau des genoux (gonarthroses). Chez la femme, l’obésité peut multiplier par 9 le risque d’apparition d’une gonarthrose notamment par le biais de facteurs hormonaux.
  • Certaines anomalies anatomiques: en modifiant les appuis normaux sur l’articulation, elles sollicitent à l’excès certaines zones du cartilage.

 

Ainsi l’arthrose est multifactorielle. Les causes sont complexes, et certaines, encore peu connues, font actuellement l’objet d’investigations : le diabète, l’hypercholestérolémie, l’hypertension artérielle …

 

REFERENCES

1 – Richette, Généralités sur l’arthrose : épidémiologie et facteurs de risques. In Elsevier Masson, 2008.


Les Traitements

 La prise en charge de l’arthrose vise d’une part à soulager la douleur, symptôme le plus pénible à supporter, et d’autre part à limiter son évolution et la gêne fonctionnelle qu’elle engendre. Pour cela, les experts préconisent d’associer traitements médicamenteux et non médicamenteux et d’individualiser le traitement en fonction de chaque malade(1).

Ainsi, en cas de douleur, on prescrit classiquement des antalgiques ou des anti-inflammatoires (paracétamol ou anti-inflammatoires oraux en traitements courts pour limiter les effets indésirables digestifs, parfois graves). A ces traitements sont maintenant associés des médicaments plus spécifiques de l’arthrose appelés « anti-arthrosiques».

Les règles d’hygiène de vie font également partie intégrante du traitement et sont complémentaires des thérapeutiques médicamenteuses. Elles seront préconisées par le médecin en fonction de chacun, selon son mode de vie et ses besoins : réduction d’un surpoids éventuel, activité physique régulière en dehors des poussées inflammatoires, kinésithérapie, port d’orthèses, cannes…

 Plus cette prise en charge sera précoce, mieux l’évolution de l’arthrose sera contrôlée. Alors, autant consulter dès les premiers signes, le médecin traitant étant le mieux à même d’élaborer une stratégie globale.

 

REFERENCES

1 – Zhang  W. et al., OARSI recommandations for the management of hip and knee osteoarthritis, Part II : OARSI evidence-based, expert consensus guidelines. Ostéoarthrisis and cartilage, 2008, 16, 137 – 162.


Fiche Arthrose de l’épaule
Fiche Arthrose digitale
Fiche Arthrose du genou
Fiche Ceintures lombaires
Fiche Eviter les effets indésirables des médicaments


Faq

1 . L’arthrose est-elle inéluctable ?

On peut aujourd’hui ralentir l’évolution de la maladie. Un dépistage précoce permet de mettre en place un traitement adéquat dès les premiers signes de la maladie : prévention des pratiques à risque et traitements médicamenteux adaptés, avec notamment de nouvelles molécules spécifiquement conçues pour l’arthrose.

2 . Est-ce héréditaire ?

Oui, en partie, du moins en ce qui concerne l’arthrose du genou (gonarthrose), de la hanche (coxarthrose) et surtout l’arthrose des doigts. Ainsi une femme a plus de risques de développer une arthrose digitale si sa mère ou une tante en a une.

3 . Le sport présente-t-il un risque pour les articulations ?

Tout dépend de son intensité. Une pratique sportive modérée n’est pas en elle-même responsable de lésions arthrosiques. Mais les sports violents ou intensifs de haut niveau peuvent amener à une surcharge nocive pour les articulations : rugby, football, ski de piste, sports de combat ou encore … la danse, susceptible de provoquer à terme une arthrose des genoux.

4 . Et les infiltrations dans les articulations ?

Les infiltrations intra-articulaires sont particulièrement utiles lors des poussées inflammatoires, très douloureuses. Pratiquées par les rhumatologues, les médecins de rééducation fonctionnelle et les chirurgiens orthopédiques, elles permettent une efficacité accrue et plus durable (corticoïdes ou acide hyaluronique).

QU’EST CE QUE LA TRAUMATOLOGIE ?

Entorses et tendinites en 1ère ligne !

Très sollicitées dans la vie quotidienne, parfois soumises à rude épreuve lors de la pratique d’un sport, les articulations peuvent être sujettes à des traumatismes parfois violents (coups, chocs), parfois plus insidieux mais répétés, avec à la clef la survenue d’entorses ou de tendinites.

Ces deux pathologies sont les motifs de consultation les plus fréquents en traumatologie courante, avec environ 6 millions de consultations par an pour les tendinites et pas moins de 6 000 consultations par jour pour la seule entorse de cheville (1) !

Banales, mais douloureuses et handicapantes, les entorses et tendinites ne doivent pas être négligées. Elles peuvent en effet être source de complications et doivent être soignées de façon adéquate.

 

Quelle différence entre entorse et tendinite ?

  • L’entorse correspond à la lésion des ligaments d’une articulation, entraînant une inflammation douloureuse avec éventuellement une tuméfaction (œdème). Les ligaments sont des structures fibreuses qui maintiennent l’articulation en place en reliant entre eux les os situés de part et d’autre. Ces ligaments sont peu extensibles et tout mouvement forcé, toute traction excessive entraine un étirement extrême, voire une rupture. C’est l’entorse.
  • La tendinite correspond quant à elle à la lésion d’un tendon. Le tendon relie l’os d’une articulation au muscle, tel un cordage. Il transmet la force musculaire et permet le mouvement de l’articulation. Un effort trop intense ou répétitif induit une irritation, une inflammation du tendon. Contrairement à l’entorse, souvent aiguë, la tendinite est en général d’apparition plus progressive. Le mouvement devient difficile et douloureux, c’est la tendinite.

 

REFERENCE

1) Leuret A. et al. L’entorse de cheville au service d’urgence. Conférence de consensus en médecine d’urgence – SFMU Actualisation 2004

 

Les entorses

Lésions traumatiques les plus souvent rencontrées (2)

Les entorses de cheville, suivies des entorses du poignet et du genou sont les lésions traumatiques les plus fréquentes.

entorses

 

Figure 1: Source IMS Santé – Etude EPPM – S90-S99 / S60-S69 / S80-S89 / S40-S49 / S50-S59 / S70-S79 / T00-T07 – Automne 2014 – nombre de diagnostiques


Les signes

 

L’entorse se manifeste par une douleur assez variable, son intensité n’est pas toujours proportionnelle à la gravité. Le plus souvent, un gonflement (œdème) apparaît plus ou moins rapidement au niveau de l’articulation ainsi qu’un hématome, témoins d’une réaction inflammatoire aiguë, importante, au niveau des ligaments.

 

 

 

 

 Qui ?

Du simple faux pas à l’accident de sport, tout le monde peut se faire une entorse. Il existe cependant des personnes prédisposées et des situations à risque.

  • Personnes âgées ou sportives
  • Antécédents d’entorses
  • Faiblesse musculaire, manque d’exercice
  • Surpoids
  • Chaussures inappropriées
  • Terrain accidenté

L’articulation la plus sujette aux entorses est celle de la cheville et 15 à 20% de celles-ci proviennent d’un traumatisme sportif. Viennent ensuite les entorses des genoux et des doigts.


Les soins

Quelle que soit la gravité de l’entorse, les premiers soins restent les mêmes.

Les 1ers gestes 

Afin de limiter les complications, il est recommandé d’adopter au plus vite ce que l’on appelle le « protocole GREC » (pour Glace, Repos, Compression, Elévation) (1) :

  • Glace: appliquer de la glace (poche remplie de glace, « bombe de froid ») tout de suite puis 4 fois/jour pour réduire la douleur et le gonflement
  • Repos : limiter l’activité, s’aider de cannes anglaises s’il s’agit du genou ou de la cheville
  • Elévation : maintenir le plus souvent possible la zone atteinte surélevée pendant la journée et la nuit (coussin sous le matelas …)
  • Compression légère, seulement pour les personnes averties : immobiliser l’articulation par un bandage ou une attelle souple

 

REFERENCES

1 – Leuret A. et al. L’entorse de cheville au service d’urgence. Conférence de consensus en médecine d’urgence – SFMU Actualisation 2004


Faq

1 . Comment éviter qu’une entorse ne récidive ?

Lors d’une entorse, il est toujours préférable de consulter le médecin traitant et de bien suivre le traitement, notamment la rééducation éventuellement prescrite auprès d’un kinésithérapeute. L’entorse entraîne en effet une perte importante de la force musculaire au niveau de l’articulation atteinte En cas d’entorse de cheville, talons hauts et terrains accidentés seront le plus souvent à éviter.

2 . Toute entorse nécessite-t-elle une radiographie ?

Non, pas forcément. Il existe des critères pour réaliser une radiographie. Schématiquement, elle est préconisée avant 18 ans ou après 55 ans, en cas d’impossibilité de marcher ou de douleur à la palpation des os, car l’on doit écarter la possibilité d’un arrachement osseux ou d’une fracture.

Les Tendinites

 Fréquence des localisations des tendinites

De nombreuses parties du corps peuvent être touchées, en premier lieu l’épaule, le coude (« tennis elbow »), le genou mais aussi la cheville, la hanche, le poignet …

repartition_tendino

Figure 2 : Source IMS Santé – Etude EPPM – M75.0 / M75.1 / M75.3 / M76.5 / M76.6 / M76.8 / M77.1 – Automne 2014 – Nombre de diagnostiques


Les signes

traumatologie2-230x230Le principal symptôme est une douleur au niveau des tendons lésés. Selon l’importance de l’atteinte, la douleur peut aller d’une simple gêne provoquée par le mouvement à une douleur lancinante constante, empêchant tout mouvement de l’articulation atteinte.

La tendinite est favorisée par l’âge, le surpoids, l’existence de troubles statiques préalables mais aussi par des conditions de travail inadaptées (port de charges répétitives, gestes techniques inadaptés), une pratique sportive excessive (hyper utilisation des articulations) (1).

 

 

Quand consulter ?

 La tendinite ne présente en soit pas de caractère d’urgence mais elle peut rapidement devenir handicapante dans la vie personnelle et professionnelle.

Alors, ne pas hésiter à consulter quand :

  • La Persistance des douleurs dure depuis 2 à 6 semaines malgré des soins adaptés
  • En cas de tendinite liée à l’activité professionnelle: une entrevue avec le médecin du travail s’impose
  • Quand les mouvements deviennent impossibles : il y a sans doute une rupture du ligament

 

REFERENCES
  1- Bard H. Tendinopathies : étiopathogénie, diagnostic et traitement. EMC Appareil Locomoteur 2012;[15-146-A-10].


Les 1ers gestes en cas de douleur            

  • Arrêter l’activité responsable pour mettre l’articulation au repos
  • Appliquer du froid : Poche de glace, « bombe de froid »
  • Effectuer si possible une contention légère pour limiter l’élongation des tendons lors des mouvements : bandages élastiques, genouillères …
  • Prendre un traitement antalgique et/ou un anti-inflammatoire en application locale puisque la composante inflammatoire est majeure.

La prise en charge médicale

 A l’examen, le médecin cherchera à localiser le tendon concerné et le retentissement de la tendinite sur les activités. Dans certains cas, des examens complémentaires d’imagerie pourront être nécessaires. (1). Il vous prescrira ensuite un traitement médicamenteux et/ou fonctionnel adapté(s) (1)

 

REFERENCE

1 – Agence Française de lutte contre le dopage. Guide agréé par le comité médical consultatif pour les AUT sur le fondement des travaux du Dr RODINEAU


Faq

1 . Qu’est-ce qu’un « tennis-elbow » ?

C’est une tendinite fréquente du coude, encore appelée épicondylite latérale du coude. Contrairement à ce que l’on croit, elle n'est pas seulement liée à la pratique du tennis mais, le plus souvent, à l'activité professionnelle ou domestique. Il s’agit d’une inflammation des tendons au niveau d’une petite saillie osseuse du coude, survenant lors de mouvements répétitifs. Sa prévention est essentielle.

2 . Les tendinites liées au travail sont-elles des maladies professionnelles ?

Absolument. Ce sont des TMS (Troubles musculo-squelettiques), elles représentent les trois quarts des maladies professionnelles ! Le médecin du travail est là pour y veiller. Il réévaluera les méthodes de travail, l’ergonomie du poste et les gestes à effectuer.

QU’EST CE QUE LA PEAU ?

La peau est le plus grand organe de notre corps. Son épaisseur varie en fonction des zones du corps entre quelques dixièmes de millimètres, au niveau des paupières, à près de 6 mm dans le dos.

Le rôle de la peau est principalement de protéger notre organisme des agressions extérieures en servant de barrière, mais elle joue aussi un rôle majeur sur d’autres fonctions vitales comme la perception (toucher), l’immunité, la préservation de la température de notre corps ainsi que sur la synthèse de la vitamine D.

La peau de notre visage est très sensible et exposée aux agressions extérieures. En prendre soin au quotidien est primordial et contribue à maintenir son apparence et sa santé.

Cicatrisation

Comment la peau cicatrise-t-elle ?

 

Comme tous les organes, la peau est dotée de capacités de réparation et de renouvellement qui lui permettent de cicatriser. Mais plus ou moins vite, et pas toujours. Tout dépend de l’étendue et de la profondeur de la plaie.

La peau est en effet constituée de trois couches superposées : l’épiderme en surface ; le derme en dessous, riche en vaisseaux sanguins nourriciers et en nerfs logés dans une substance structurante de collagène et d’acide hyaluronique ; enfin, l’hypoderme en profondeur.

Si la blessure est superficielle et n’atteint que l’épiderme, la peau est capable de se renouveler d’elle-même, à condition de supprimer les causes d’irritation.

Quand la blessure est plus importante, les structures profondes de la peau peuvent être touchées et le corps déclenche alors toute une cascade de réactions :

  • Le sang coagule pour arrêter les saignements, un caillot se forme.
  • Des cellules de défense de l’organisme, appelées macrophages, absorbent les débris et les micro-organismes éventuellement présents pour faire place nette : c’est la phase de détersion. Au cours de ce lapse de temps qui peut s’étendre de quelques heures à 4 jours, la plaie exsude un liquide incolore ou légèrement jaunâtre, la lymphe, qui contient des substances nettoyantes et stimulantes pour favoriser l’apparition des vaisseaux. Le processus de cicatrisation est entamé.
  • Afin de combler la perte de substance laissée par la plaie, une phase de prolifération se met en place. Un nouveau tissu de soutien se constitue grâce à la synthèse de collagène et d’acide hyaluronique par les cellules du derme. De nouveaux vaisseaux se créent. Ce tissu prolifère vers la surface de la peau.
  • Lorsque ce tissu comble suffisamment la plaie, l’épithélium de la peau adjacente intacte colonise la surface de la plaie. Au bout d’une dizaine de jours, la croûte tombe et laisse apparaître une cicatrice.

Ce processus naturel de cicatrisation peut être compromis par différents facteurs que ce soit par la présence de corps étrangers, d’un hématome important, d’une infection, d’une maladie sous-jacente mais aussi par des soins mal adaptés.

 


Les plaies du quotidien

 

ThinkstockPhotos-179845691Coupures, écorchures, abrasions par une surface rugueuse… Les petites plaies de tous les jours paraissent anodines, mais elles doivent être soignées correctement pour bien cicatriser, sans risque d’infection.

Les premiers gestes

1. Comprimer la plaie jusqu’à l’arrêt du saignement.
2. Nettoyer par un lavage au sérum physiologique ; ou à défaut en cas de souillure importante, un premier lavage à l’eau et au savon de la zone lésée peut être réalisé (1). Ne pas insister si cela est très douloureux.
3. Protéger de l’infection en appliquant un antiseptique, de préférence incolore pour ne pas masquer l’évolution de la plaie. Eviter l’utilisation d’alcool.
4. Au besoin, mettre un pansement : gaze stérile, compresse stérile ou pansement prédécoupé.

A ces pansements classiques s’ajoutent désormais des pansements plus spécifiques (étanches, humides, hydrocolloïdes …) ainsi que des crèmes et des compresses cicatrisantes. Demander conseil à son pharmacien.

Quel que soit le type de plaie, il faut par ailleurs toujours vérifier si la vaccination antitétanique est à jour.

Quand consulter ?

  • Au moindre doute chez l’enfant et la personne âgée, et systématiquement chez le nourrisson.
  • En cas de plaie étendue, supérieure à la surface de la moitié d’une paume de main, ou très souillée par des corps étrangers.
  • Lorsque la plaie est située au dos de la main, sur le cou ou près d’un orifice naturel comme les yeux, qui sont des zones à risques.
  • En cas de maladie fragilisant la victime : diabète, traitement par corticoïdes ou anticoagulants …
  • S’il existe des signes d’infection : gonflement, suintement, sécrétion purulente.
  • En cas de morsure par un animal ou de plaie par écrasement.

 

REFERENCES

1 – Prise en charge des plaies aux urgences SFMU 2005


Les brûlures

 

Dans la vie quotidienne, les occasions de se brûler ne manquent pas. Les brûlures peuvent être dues à la chaleur (90% des brûlures) et également aux rayons du soleil (coup de soleil), plus rarement à un courant électrique ou à un produit chimique.

Causes principales des brûlures (1)

Capture d’écran 2015-04-28 à 16.36.36

Si les petites brûlures peuvent être soignées sans problèmes, il en va différemment des brûlures plus étendues ou profondes, qui demandent une consultation en urgence.

Les différents types de brûlure

Pour évaluer leur gravité, on classe les brûlures en fonction de leur étendue et de leur profondeur :

  • Brûlures du premier degré : seul l’épiderme est atteint. La peau est rouge, douloureuse, voire gonflée. C’est le classique « coup de soleil » ou brûlure avec un plat chaud.
  • Brûlures du deuxième degré : atteinte du derme. Elles sont très douloureuses, la peau est rosée et humide, des cloques apparaissent.
  • Brûlures du troisième degré : l’atteinte est plus profonde. La peau est souvent blanche mais pouvant prendre une coloration brune voire noire ; et, paradoxalement, la douleur est faible, voire inexistante, car les terminaisons nerveuses sont en fait détruites.

Que faire ?

Lorsque la brûlure est superficielle, d’étendue inférieure à une demi-paume de main de la victime et n’est pas située près d’un orifice naturel, des soins locaux suffisent.

Brûlure du 1er degré

  • Refroidir la brûlure en l’arrosant à l’eau fraiche, pendant au moins 5 minutes, ce qui permet de limiter l’extension des lésions ;
  • Appliquer une crème ou une pommade hydratante, sans antibactérien (2). Il existe des crèmes et des pommades spécifiquement conçues pour les brûlures. Demander conseil à son pharmacien.

Brûlure du 2ème degré peu étendues

  • Ne pas percer les cloques, elles protègent des infections et réduisent la douleur ;
  • Passer sous l’eau fraîche ;
  • Désinfecter en plus la plaie avec un antiseptique sans alcool, car il existe un risque d’infection si les cloques se percent ;
  • Protéger avec des pansements spécifiques de type « interface », « membrane » ou avec des pommades ou pansements antibactériens(2).

Au moindre doute ou en cas de brûlure plus étendue, consulter le médecin. En cas de brûlure grave, appeler le SAMU/Centre 15.

 

REFERENCES

1 – Carsin H. Prise en charge des brûlures en milieu non-spécialisé. Médecine d’urgence 2003.
2 – Recommandations S.F.E.T.B- Brûlures, mars 2006, vol VI, n°4, p215-217.


Les ulcères de jambe

 

La mauvaise circulation sanguine, quelle soit liée à une insuffisance veineuse ou à une athérosclérose, expose à des complications, notamment à un ulcère de jambe. Il se définit comme une plaie, une perte de substance pouvant aller jusqu’au derme et particulièrement difficile à cicatriser, comportant un risque d’infection.

Les signes

L’ulcère d’origine veineuse, de loin le plus fréquent (80% des ulcères de jambe) représente un stade très évolué de l’insuffisance veineuse chronique (varices ou, plus souvent, antécédents de thrombose). Il apparaît de façon progressive, le plus souvent au niveau des chevilles, et n’est en général pas douloureux. C’est bien le problème ! Car, en l’absence de traitement, l’ulcère devient chronique. Aussi faut-il y songer devant toute plaie trainante au niveau de la jambe.

L’ulcère artériel est lui moins fréquent, il concerne plutôt les hommes de plus de 50 ans avec des facteurs de risque vasculaires (tabac, hypertension, obésité….). Contrairement au précédent, il apparaît brutalement, souvent à la suite d’un choc, et est très douloureux.

Dans les deux cas, il faut consulter au plus vite.

Prise en charge médicale

Pour guérir un ulcère de jambe, il ne suffit pas de traiter la plaie, il faut aussi traiter la cause.

La plaie sera nettoyée, les résidus gênant la cicatrisation seront enlevés. On cherchera ensuite à restaurer des conditions locales propices avec des pansements adaptés à chaque phase de la cicatrisation.
Après la phase de détersion, on utilisera ainsi des pansements de type interfaces, hydrocellulaires, hydrocolloïdes, vaselinés ou pansements à l’acide hyaluronique (1).

En parallèle, on traitera la cause de l’ulcère. S’il est d’origine  veineuse, on mettra en place une contention veineuse à l’aide de bandages adaptés. En cas d’ulcère artériel, le patient sera notamment incité à limiter les facteurs de risque cardiovasculaires (tabac, hypertension artérielle, surpoids …).

 

REFERENCES
1- Recommandations HAS, 2011


Plaies et diabète

 

Les personnes souffrant de diabète savent quelle attention elles doivent accorder, notamment, à leurs pieds. Car un diabète mal équilibré expose à des difficultés de cicatrisation en cas de blessure, voire à une plaie passant longtemps inaperçue avec, à terme, un risque d’amputation.

Globalement, 15% des diabétiques présenteront une ulcération du pied au cours de leur vie (1). Un diabète ancien ou mal équilibré peut en effet causer une perte de la sensibilité des extrémités favorisant la survenue de blessures, ainsi que des troubles vasculaires préjudiciables pour la cicatrisation et un risque d’infection augmenté, lié à une diminution des défenses immunitaires.

Plus préoccupant, certaines plaies peuvent passer totalement inaperçues. C’est le cas du « mal perforant plantaire », une ulcération de la plante du pied fort heureusement de plus en plus rare, profonde et indolore, qui peut évoluer sans que l’on ne s’en aperçoive. C’est pourquoi l’on conseille une inspection quotidienne des pieds chez la personne diabétique, avec des visites régulières chez un podologue (1).
Et à la moindre lésion, il faut consulter !

Prise en charge médicale

Au niveau de la plaie, on visera à instaurer des conditions plus propices à la cicatrisation. Cela sera fait par un décornage (excision de corne) et un pelage au bistouri autour de la plaie, puis par l’application de pansements adaptés à chaque phase de la cicatrisation.
Après la phase de détersion, on utilisera ainsi des pansements de type interfaces, hydrocellulaires, hydrocolloïdes, vaselinés ou pansements à l’acide hyaluronique qui permettent de réduire significativement la taille des ulcères.

Sur le plan général, l’équilibration du diabète sera impérative pour obtenir la guérison. En cas de mal perforant plantaire, le pied sera mis en décharge stricte et permanente jusqu’à guérison, idéalement avec des chaussures adaptées.
REFERENCES

1 – HAS 2011, Les pansements indications et utilisations recommandées


Crevasses, érythème fessier du nourrisson…

 

Crevasses

Les crevasses sont des fissures ou lésions de la peau dues à une trop grande sécheresse et à des agressions répétées par le froid, des produits irritants (détergents), des pressions intenses (crevasses des pieds) ou encore des microtraumatismes répétés (crevasses du sein lors de l’allaitement). Habituellement peu profondes, elles doivent être soignées à temps pour ne pas s’aggraver et devenir douloureuses.

La solution : hydrater régulièrement la peau.

Il existe de nombreuses crèmes hydratantes. Certaines sont spécifiquement formulées sans composants agressifs (parfum, conservateurs …) pour respecter les peaux fragilisées, elles permettent d’hydrater, de soulager et de favoriser la réparation cutanée.

 

Erythème fessier du nourrisson

L’érythème fessier est une irritation avec altération de la couche superficielle de la peau. Il est localisé aux zones couvertes par les couches (fesses, organes génitaux, intérieur des cuisses) et se manifeste par une rougeur sèche ou suintante, avec ou sans petits boutons. Dans la plupart des cas, il est dû au frottement des couches contre la peau, à des couches trop serrées ou pas assez souvent changées. Le contact avec l’urine et les selles causent aussi une «brûlure» chimique, encore accentuée si le bébé souffre de diarrhée.
La protection naturelle assurée par la peau est rompue, elle doit être rétablie au plus vite pour limiter les risques d’infection.

Que faire ?

Eviter toute source de macération de la peau en laissant les fesses de bébé sans couche à chaque fois que cela est possible.
Appliquer une crème apaisante et protectrice après chaque change : des crèmes à base d’oxyde de zinc, de sulfate de cuivre, de dexpanthénol ou encore des soins cicatrisants conçus pour réparer au plus vite la peau fragilisée de bébé. Demander conseil à son pharmacien.


Dermatoses (Eczéma, Psoriasis, Vitiligo)

L’eczéma

 

Marqué par des démangeaisons intenses, l’eczéma est une des maladies de peau les plus fréquentes, justifiant près de 30 % des consultations en dermatologie. C’est une maladie inflammatoire chronique d’origines multiples, l’allergie étant la cause principale. Elle se manifeste par l’apparition de plaques rouges mal délimitées, parfois surmontées de petites cloques transparentes qui peuvent confluer en bulles, se rompre, suinter puis former des croûtes.

Il existe deux grandes formes d’eczéma.

L’eczéma de contact

Il apparaît uniquement au contact de certaines substances dites « allergisantes », c’est-à-dire provoquant une réaction allergique. Ces substances peuvent être très variables d’une personne à l’autre : médicaments, teintures capillaires, plastiques (gants en latex), métaux (boucles d’oreille)… Le médecin identifiera les substances en cause par des tests cutanés.

L’eczéma atopique ou dermatite atopique

L’eczéma atopique résulte quant à lui d’une prédisposition héréditaire à développer des réactions allergiques associée à une anomalie génétique qui rend la peau « perméable » à certaines substances. C’est le cas de certains aliments chez le nourrisson et, chez les plus grands, des substances présentes dans l’air (pollens, acariens domestiques …).

Principales localisations de l’eczéma :

  • joues
  • coudes
  • front
  • genoux

 

eczema-bebe

 

De façon tout à fait caractéristique, l’eczéma atopique évolue avec l’âge :

  • chez le nourrisson, les poussées sont fréquentes, essentiellement au niveau des joues et du front ;
  • après l’âge de deux ans, l’eczéma devient plus chronique, il touche plutôt les plis des articulations (coudes, genoux) ; la peau devient sèche et épaisse à force de grattages ;
  • l’eczéma régresse dans 85% à 90 % des cas chez l’adolescent et l’adulte.

Le psoriasis

 

Le psoriasis est une maladie cutanée caractérisée par des plaques rouges recouvertes de peaux mortes, les squames, qui se détachent facilement. Ni infectieux, ni contagieux, il est le plus souvent bénin mais peut s’avérer particulièrement gênant en cas de lésions visibles. Relativement fréquent, le psoriasis touche environ 2% de la population (1,2). Il concerne aussi bien les enfants que les adultes, avec deux pics de fréquence à la vingtaine (jeune adulte) et à la cinquantaine.

Des localisations spécifiques

C’est une maladie d’évolution chronique évoluant par poussées inflammatoires. Il existe différentes formes de psoriasis.
La plus commune est le psoriasis en plaques. Les plaques sont peu étendues, bien délimitées, avec quelques démangeaisons. Elles sont situées le plus souvent de façon symétrique au niveau des zones exposées aux contacts (coudes, genoux, face antérieure des tibias, parfois cuir chevelu et bas du dos).

Principales localisations de l’eczéma :

  • coudes
  • genoux
  • tibias

 

psoriasis

 

D’autres formes sont plus rares, comme le psoriasis en gouttes, avec des lésions en gouttes disséminées sur tout le corps. Dans un certain nombre de cas (2), le psoriasis peut se compliquer d’une atteinte articulaire, appelée rhumatisme psoriasique.

Un renouvellement cellulaire de l’épiderme trop rapide

Le psoriasis est causé par un renouvellement trop rapide des cellules de la couche superficielle de la peau, qui s’accumule et forme alors des plaques. Deux facteurs interviennent dans la survenue des poussées : une prédisposition héréditaire combinée à des facteurs déclenchants tels qu’une maladie infectieuse, la prise de certains médicaments, le stress ou encore des traumatismes répétés de la peau (frottement des vêtements) …

Maladie chronique d’évolution imprévisible, le psoriasis nécessite une prise en charge médicale.

 

REFERENCES

1 – CEDEF, Item 123-Psoriasis, Ann Dermatol Venereol 2012; 139, A112-A120
2- Clabaut A. et al., Prise en charge du Psoriasis chez l’enfant, Ann Dermatol Venereol 2010; 137, 408-415


Traitement de l’eczéma et du psoriasis

 

Actuellement, on sait soulager considérablement l’eczéma et le psoriasis, qui sont tous deux des maladies inflammatoires chroniques. Un large éventail de traitements permet cependant de soulager considérablement les symptômes et d’atténuer la visibilité des lésions, améliorant ainsi la qualité de vie.

Dans ces maladies de la peau, on privilégie les traitements locaux. Ils sont basés sur les corticoïdes d’application locale, appelés dermocorticoïdes(1,2). Leur effet est souvent spectaculaire, tant sur les lésions que sur les démangeaisons. Il en existe différentes formes, prescrites en fonction de la nature et de la localisation des plaques : pommade, crème, gel, lotion ou encore emplâtre médicamenteux.
D’autres traitements peuvent être associés, pour réduire par exemple l’épaisseur des plaques, soigner une éventuelle surinfection … En cas de démangeaisons intenses, on prescrit des antihistaminiques par voie orale. Les traitements plus intensifs, comme les immunosuppresseurs, sont réservés aux atteintes sévères.

Chez certaines personnes, la photothérapie utilisant la lumière UV peut également être utile. Elle se pratique uniquement sur prescription médicale et chez un dermatologue.

Comment protéger la peau au quotidien ?

Dans ces affections, la peau est souvent sèche et inconfortable, avec des tiraillements. La protéger fait partie intégrante du traitement :

  • Hydrater la peau avec des huiles de bain, des savons surgras et des crèmes émollientes. Les savons classiques sont à proscrire.
  • Ne pas gratter les lésions. En cas de démangeaisons, effectuer simplement une pression sur la zone qui « gratte».
  • Évitez les vêtements trop serrés, les textiles synthétiques et la laine. Préférer le coton et le lin.
  • Utiliser des détergents doux pour laver le linge.

REFERENCES

1 – CEDEF, Item 123-Psoriasis, Ann Dermatol Venereol 2012; 139, A112-A120
2- Darsow U. et al., EFTAD/EADV eczema task force 2009 position paper on diagnosis and treatment of atopic dermatitis. J Eur Acad Dermatol Venereol 2010; 24 ; 317-28



Le vitiligo

 

Des taches blanches, lisses, parfois avec un certain relief… Telles sont les caractéristiques du vitiligo, une affection chronique de la peau, bénigne, indolore, non contagieuse mais souvent difficile à vivre en raison du préjudice esthétique.

 

Des taches blanches caractéristiques

Le vitiligo apparait dans 50% des cas entre 10 et 20 ans (1), mais se manifeste surtout dans la tranche d’âge 20-30 ans. Des taches ou plaques blanches dépigmentées apparaissent à n’importe quel endroit du corps, avec des zones de prédilection : dos des mains, pieds, coudes et genoux, zones situées dans les plis de la peau…
Le nombre de taches peut être très variable, de deux ou trois petites taches à de grandes plaques sur tout le corps. L’évolution est imprévisible, le vitiligo peut s’étendre ou au contraire, plus rarement, se repigmenter de manière spontanée essentiellement au niveau des zones exposées au soleil.

Une défaillance des mélanocytes

Le vitiligo est dû à une disparition locale des mélanocytes*, les cellules qui colorent, pigmentent la peau. Les causes précises de leur disparition restent à ce jour inconnues. L’hérédité joue certainement un rôle : dans près de 30%  des cas, il y aurait des antécédents familiaux. Des désordres d’ordre immunitaire sont également invoqués : il s’agirait de ce que l’on appelle une maladie auto-immune, c’est-à-dire une maladie dans laquelle le système immunitaire, normalement destiné à combattre les micro-organismes venant de l’extérieur, se tromperait d’ennemi et détruirait, à tort, les mélanocytes de la peau(1).

On ne connaît donc pas précisément la cause du vitiligo, mais l’on sait qu’il existe des facteurs déclenchants, favorisant l’apparition de plaques : surexposition au soleil, stress, microtraumatismes locaux au niveau des zones de friction de la peau, comme par exemple les mains, les coudes, les genoux.

 

* Les mélanocytes sont les cellules qui pigmentent la peau

 

 

REFERENCES

1 – www.orpha.net/data/patho/Pub/fr/Vitiligo-FRfrPub672v01.pdf – Décembre 2006


Traitement du vitiligo

 

Les traitements actuels permettent de réduire la taille et le nombre de taches ou de repigmenter la peau en lui redonnant un aspect coloré.

Lorsque les taches sont récentes et restent localisées, il est possible de stimuler la production de pigments par les mélanocytes encore présents à l’aide de corticoïdes locaux, appelés dermocorticoïdes. Les meilleurs résultats sont obtenus sur le visage et le cou, les lésions récentes et les peaux sombres (1).
Et ces solutions de repigmentation de la peau (dermocorticoïdes) peuvent être associés à des médicaments immunomodulateurs**, qui contribuent également à repigmenter la peau.

La photothérapie, utilisant le rayonnement UV, est pratiquée chez les enfants ainsi qu’aux personnes souffrant de vitiligo généralisé ou résistant aux traitements précédents. Plus récente, la photothérapie ciblée par laser s’avère efficace et bien tolérée.

Lorsque le résultat de ces traitements de repigmentation n’est pas envisageable, on pourra envisager une greffe de mélanocytes. La greffe permet d’implanter, sur une zone dépigmentée, des mélanocytes prélevés sur le malade lui-même. La dernière évolution de cette technique, l’implantation de mélanocytes en suspension, donne des résultats efficaces (2).

 

** Médicament qui stimule ou freine les réactions du système immunitaire

 

Comment limiter les taches ?

En attendant les résultats du traitement médical, on peut faire appel aux crèmes auto-bronzantes ou à des correcteurs de teint spéciaux pour camoufler les taches.

Et si le soleil a les vertus de pigmentation de la peau que l’on connaît, il ne doit être utilisé que dans le cadre très contrôlé d’une héliothérapie*** prescrite par un médecin. Dans les autres cas, il est indispensable de protéger les zones dépigmentées très fragiles : crème solaire et vêtements couvrants sont de rigueur, même en cas de temps nuageux et l’hiver.

 

*** Traitement médical par exposition au rayonnement solaire

 

REFERENCES

1 – Taieb A et al.Guidelines for the management of vitiligo: the European Dermatology Forum consensus. Brit J Dermatol 2013; 168:5-19.
2 – Mulekar SV, Al Issa A, Al Eisa A. Treatment of vitiligo on difficult-to-treat sites using autologous noncultured cellular grafting. Dermatologic surgery 2009;35(1):66-71.


Faq

1 . En cas d’eczéma chez l’enfant, existe-t-il des précautions alimentaires ?

Si le pédiatre diagnostique une allergie alimentaire, il prescrira un régime excluant l’aliment ou les composants identifiés lors des tests cutanés.
Si par contre l’enfant présente un terrain atopique mais sans allergie alimentaire identifiée, il recommandera simplement de retarder l'introduction des aliments les plus allergisants (lait de vache, produits laitiers).
On ne doit pas mettre l’enfant au régime de sa propre initiative, cela l’exposerait à des carences.

2 . L’eczéma, le psoriasis et le vitiligo sont-ils d’origine psychosomatique ?

Tout dépend de l’affection en cause. S’il s’agit d’un eczéma ou d’un psoriasis, l’effet bénéfique du soleil est reconnu, à condition d’en user avec modération. C’est d’ailleurs l’origine de la photothérapie.
Par contre, en cas de vitiligo, les taches blanches dépigmentées sont particulièrement sensibles au soleil car elles sont dépourvues de mélanine, un pigment produit par les mélanocytes pour protéger la peau. Le soleil est donc un ennemi et mieux vaut s’en protéger.

3 . Dans le vitiligo, où en est la recherche ?

La recherche génétique progresse, avec la découverte récente de gènes impliqués dans les maladies auto-immunes. Mais c’est du côté des traitements chirurgicaux que les progrès sont peut-être les plus tangibles avec la technique de greffe de mélanocytes. La dernière évolution de cette technique, l’implantation de mélanocytes en suspension, s’avère simple et efficace (1).

REFERENCE
(1) - Gauthier Y. et al., non cultured epidermal suspension in vitiligo : from laboratory to clinic ; Indian J Dermatol Venereol Leprol, Janv-Fev 2012; 78 (1); 59-63

Le vieillissement cutané

La peau et ses constituants        

 ThinkstockPhotos-80703075Sensible, réactive, émotive quand elle rougit, la peau reflète nos émotions, notre vitalité et, avec le temps, notre âge.

Pour assurer ses multiples fonctions, en premier lieu nous protéger des coups, des blessures et des micro-organismes, notre peau est constituée de trois couches :

  • L’épiderme, en surface : recouvert d’une couche cornée protectrice et truffé de terminaisons nerveuses sensorielles, il est imperméabilisé par le sébum, une substance grasse, et équipé de cellules productrices de mélanine, le pigment qui protège du soleil.
  • Le derme, situé en dessous de l’épiderme : structure de soutien, il est doté d’une armature de fibres de collagène et d’élastine baignant dans un gel de protéoglycannes. Il contient toutes les structures nécessaires au fonctionnement de la peau : vaisseaux sanguins, follicules pileux, glandes sudorales ou sudoripares, glandes sébacées productrices de sébum et les cellules fibroblastes sécrétant l’armature fibreuse ainsi que l’acide hyaluronique.
  • L’hypoderme, en profondeur: c’est un isolant thermique disposant de réserves énergétiques en graisses.

 

Les composants essentiels pour la tonicité de la peau

  • Le collagène du derme : les fibres de collagène, reliées par des filaments d’élastine, constituent une véritable armature pour la peau et lui permet de résister aux coups et aux chocs.
    • Il assure tonicité et résistance 
  • L’acide hyaluronique : inséré entre les fibres de collagène, il possède d’excellentes propriétés hydratantes en retenant jusqu’à 1000 fois son poids en eau et crée ainsi un « matelas » hydraté et rebondi.
    •  Il procure souplesse et hydratation 
  • Les anti-oxydants, présents dans toutes les cellules de la peau : ils maintiennent l’intégrité de la peau en neutralisant les radicaux libres. Les radicaux libres sont des composés toxiques issus du métabolisme des cellules et des agressions extérieures (soleil, infections, inflammations …). S’ils ne sont pas neutralisés, ils détruisent les structures alentour et l’on estime aujourd’hui qu’ils sont les principaux responsables du vieillissement.

Pour piéger ces radicaux libres, notre alimentation nous procure des antioxydants naturels. Ils constituent la principale défense contre le vieillissement


Au fil des années, la peau perd peu à peu sa tonicité et, dès l’âge de trente ans, les premières ridules apparaissent.

En surface, l’épiderme s’amincit, il n’arrive plus à se régénérer suffisamment vite. La sécrétion de sébum baisse et la peau devient plus sèche.

Le derme, lui aussi, diminue d’épaisseur. Ses cellules, qui ont pour rôle de sécréter et renouveler le collagène, l’élastine et l’acide hyaluronique, deviennent moins performantes. La synthèse et la qualité de ces composants essentiels diminuent, l’armature du derme se désorganise, le matelas d’acide hyaluronique se « dégonfle ». La peau perd ainsi progressivement sa tonicité, sa souplesse et ses volumes.

Puis les rides se creusent en profondeur, la peau se relâche, le contour du visage s’affaisse.

Ce processus de vieillissement naturel, contrôlé par des facteurs génétiques et hormonaux, est en grande partie inéluctable. A la ménopause par exemple, il s’accentue consécutivement à la baisse de la sécrétion d’oestrogènes.

Le vieillissement cutané peut cependant s’accélérer considérablement sous l’effet de facteurs extérieurs, environnementaux, contre lesquels, fort heureusement, on peut lutter !

Les agresseurs extérieurs 

  • le soleil : favorise la formation de nombreux radicaux libres qui agressent les cellules cutanées et provoquent leur mort prématurée.
  • le tabac : rétrécit le diamètre des petits vaisseaux qui nourrissent la peau et l’alimentent en micro-nutriments, fragilisant ainsi les cellules cutanées.
  • le stress : augmente la production de radicaux libres.
  • la pollution atsmosphérique : diminue les défenses du système immunitaire.
  • une alimentation déséquilibrée, pauvre en légumes et en fruits : si les apports en antioxydants sont insuffisants, les radicaux libres attaquent les membranes cellulaires, dégradent le collagène et l’acide hyaluronique.

Une certaine hygiène de vie permet donc d’atténuer sensiblement l’effet des facteurs nocifs de l’environnement, tout comme le permet l’usage quotidien de soins cosmétiques protecteurs.

 

 


Les soins au quotidien

ThinkstockPhotos-78618774Indispensables au quotidien pour le maintien d’une peau en pleine santé, les soins cosmétiques contribuent à retarder l’apparition des signes du vieillissement, notamment en protégeant la peau des agressions externes, et à les atténuer.

Si la plupart agissent sur les couches supérieures de l’épiderme, il existe des actifs agissant en profondeur, pour un lissage accru de la peau. Certains actifs sont capables de relancer la synthèse des composants majeurs de la peau et de favoriser le renouvellement des cellules fibroblastiques (acide hyaluronique, collagène…)(1). Ces actifs peuvent être associés à des ingrédients anti-oxydants protecteurs contre le vieillissement prématuré (coenzyme Q10, flavonoïdes anti-oxydants, extraits de plantes, vitamines C et E  …).

Les compléments alimentaires

Ils permettent de renforcer l’effet anti-âge des soins dermo-cosmétiques, à condition d’offrir, là aussi, une composition adaptée aux besoins de la peau. Ils devront donc apporter à la fois des anti-oxydants et des composants nutritifs du derme ainsi que, idéalement, des principes actifs régénérants. L’effet des compléments alimentaires est optimal en utilisation quotidienne, en association avec des dermo-cosmétiques adaptés.

 

REFERENCES

1 – An JJ, Eum WS, Kwon HS, Koh JS, Lee SY, Baek JH, et al. Protective effects of skin permeable epidermal and fibroblast growth factor against ultraviolet-induced skin damage and human skin wrinkles. J Cosmet Dermatol 2013 Dec;12(4):287-95.)



Les traitements médicaux et chirurgicaux

 

La médecine esthétique

Elle s’adresse principalement aux rides profondes et tenaces. Différentes techniques de rajeunissement sans chirurgie sont disponibles, leurs indications sont à apprécier par le médecin.

  • Peeling: exfoliation chimique des couches superficielles de la peau pour en améliorer l’aspect et gommer certains défauts.
  • Dermabrasion: « ponçage » mécanique léger des couches superficielles de la peau.
  • Photo-rajeunissement par lumière pulsée (stimulation de la production de collagène par la lumière) ou par laser (abrasion des couches superficielles de la peau).
  • Injections: les injections de produits de comblement sont aujourd’hui en plein développement, à commencer par les injections d’acide hyaluronique, produit majeur des cabinets de médecine esthétique.

 

L’acide hyaluronique

Naturellement présent dans notre corps, en particulier dans le derme qui contient 50 % de l’acide hyaluronique de l’organisme, l’acide hyaluronique est utilisé depuis de nombreuses années par les médecins en injections au niveau des rides. Une fois injecté, il agit comme une éponge et se gorge d’eau, apportant volume, souplesse et gonflant aux tissus cutanés. L’acide hyaluronique permet ainsi de redessiner les contours du visage, de combler les creux disgracieux et de gommer, de l’intérieur, les rides même profondes.

De la même façon, il permet d’atténuer les cernes sous les yeux.

Le Botox®

La toxine botulique permet d’immobiliser temporairement les muscles, elle est utilisée en injections intramusculaires pour limiter les rides d’expression.

 La chirurgie esthétique

Lorsque les soins et la médecine esthétique ne suffisent plus à masquer les rides et l’affaissement du visage, la chirurgie esthétique, réalisée sous anesthésie locale ou générale, peut être indiquée après consultation d’un chirurgien plastique qualifié.

  • Lifting : On pratique des incisions pour décoller et retendre la peau.
  • Remaillage: Des fils d’or sont insérés sous la peau afin de la retendre.
  • Lipofilling : On injecte au niveau des rides de la graisse prélevée sur les cuisses, les hanches ou le ventre du patient.

Les bénéfices de la médecine et de la chirurgie esthétique devront être entretenus au quotidien par des soins cosmétiques adaptés.


Faq

1 . A quel âge faut-il commencer à utiliser une crème anti-âge ?

A partir de 25 à 30 ans, c’est-à-dire dès que la peau commence à marquer et que les premières ridules apparaissent. Mais il n’est jamais trop tard pour commencer !
Ce qui n’empêche pas, dès le plus jeune âge, d’éviter les facteurs nocifs pour la peau, en premier lieu l’excès d’exposition au soleil.

2 . Les rides précoces sont-elles d'origine génétique ?

On distingue en fait deux sortes de rides. Il y a les rides d'expressions, effectivement déterminées génétiquement et présentes assez précocement. Elles sont parfois accentuées par une mobilité accrue du visage (froncement des sourcils au soleil, contrariétés, mimiques particulières ...).
Et il y a les rides liées au vieillissement naturel de la peau, elles aussi déterminées génétiquement mais apparaissent plus tard, vers la trentaine. Sauf bien sûr si, avant cela, on abuse du soleil, du tabac, ou des nuits trop courtes.

3 . Les injections de produits de comblement sont-elles douloureuses ?

Il existe maintenant des aiguilles d’injection très fines recouvertes de produits anesthésiants. L’injection est donc pratiquement indolore.

La procréation, un processus complexe

Quoi de plus essentiel, pour un couple, que d’avoir un enfant ? Un désir parfois inaccompli…

Il faut dire que la fertilité varie selon les individus et l’activité sexuelle : la probabilité d’obtenir une grossesse au cours d’un cycle menstruel est faible, de l’ordre de 20 à 25% (1). La fécondation, prélude de la grossesse, est en effet un processus physiologique complexe, régulé par de multiples facteurs, notamment hormonaux.

(1) – BEH, INVS, N°7-8-9 du 21 février 2012

La fertilité

La fécondation en bref

 

ThinkstockPhotos-78617017La fécondation résulte de la rencontre d’un ovule et d’un spermatozoïde, les deux cellules reproductrices humaines. Le moment le plus favorable à cette rencontre se situe avant le 13ème jour du cycle pour un cycle de 28 jours, c’est-à-dire au moment de l’ovulation.

L’ovulation : un ovule se développe dans l’ovaire au sein d’un « follicule » puis est expulsé vers la trompe utérine. Cela s’effectue sous le contrôle d’hormones d’origine cérébrale (FSH et LH), elles-mêmes influencées par des hormones sécrétées par les ovaires.

La « rencontre » : elle se fait au niveau de la trompe, jusqu’où remontent les spermatozoïdes libérés dans le vagin. Les spermatozoïdes doivent être suffisamment nombreux, mobiles, et trouver au niveau du col de l’utérus un milieu favorable, notamment une glaire dont la qualité dépend d’hormones ovariennes et cérébrales (œstrogènes et hCG).

La fécondation proprement dite : un seul de ces spermatozoïdes féconde l’ovule. Une cellule-oeuf est ainsi créée, elle préfigure l’embryon. Cette cellule commence à se diviser et entame sa descente vers le vagin.

La nidation : le futur embryon atteint l’utérus. Il s’implante dans la muqueuse préalablement préparée par des stimulations hormonales ovariennes (oestrogènes puis progestérone).

Chacune de ces étapes est cruciale, toute perturbation compromet une future grossesse.


L’infertilité, préoccupation croissante

 

On parle d’infertilité lorsqu’un couple n’a pas réussi à obtenir de grossesse après 1 an de relations sexuelles régulières sans contraception.
Selon l’Observatoire épidémiologique de la fertilité en France, c’est le cas de 18 à 24 % des couples après un an de tentatives. Après deux ans, les couples toujours en attente d’une grossesse sont encore de 8 à 11%(1). Et ce chiffre ne cesse de progresser.

Un âge de reproduction de plus en plus tardif
Les couples décident de plus en plus tard d’avoir un enfant. En France, l’âge moyen de la 1ère grossesse est passé de 25,1 ans entre 1980 et 1984 (2) à 30 ans en 2011 (3). Or ce recul en âge est préjudiciable pour la fertilité. Ainsi, après 38 ans, le stock d’ovules disponible commence à s’épuiser et les ovules sont de moins bonne qualité.

Une baisse de qualité du sperme
On observe par ailleurs une baisse constante de la qualité du sperme (nombre et/ou mobilité des spermatozoïdes). La quantité de spermatozoïdes a diminué de de 443,2 à 300,2 millions en 34 ans (entre 1976 et 2009) (1). Divers facteurs sont actuellement mis en cause, notamment des polluants environnementaux comme les métaux lourds et certains polluants organiques (PCB …).

Désormais, contrairement à une idée reçue, l’infertilité implique presque aussi souvent l’homme que la femme.

Origine de l’infertilité – étude OMS (4)

origine_de_linfertilite

Dans 5% des cas, cette infertilité demeure inexpliquée, aucune cause n’est retrouvée (4).

Références :

1 – BEH, INVS, N°7-8-9 du 21 février 2012 FERTILITÉ et Environnement : La perpétuation de l’espèce est-elle menacée?
2 – Maire Ni Bhrolchain M N et Beaujouan E, Bulletin mensuel d’information de l’institut national d’études démographiques : En France comme en Grande-Bretagne, l’allongement des études retarde les maternités, décembre 2012, numéro 495

3 – Données INSEE, natalité-fécondité, TEF, édition 2012
4 – Recent advances in medically assisted conception ; WHO technicals report series: Geneva 1992


Les causes de l’infertilité

 

Les causes sont multiples, parfois difficiles à déceler et nécessitent souvent des explorations complémentaires approfondies lors de la recherche diagnostique.

Chez la femme

Les troubles de l’ovulation sont une cause majeure d’infertilité : l’ovulation peut être irrégulière (dysovulation) ou totalement absente (anovulation). Certaines de ces anovulations sont liées au syndrome des ovaires polykystiques.

Répartition des principales causes d’infertilités féminines (1)

capture-d-ecran-2015-04-28-a-14-31-16

 

On retrouve également :

  • des anomalies des trompes : obstruction ou altération, secondaires à une infection (salpingite), une anomalie congénitale …
  • l’endométriose : présence pathologique d’îlots de muqueuse utérine en dehors de l’utérus (dans les ovaires, les trompes, la cavité péritonéale …)
  • des infertilités liées à des anomalies du col utérin ou de la glaire cervicale
  • des troubles hormonaux, comme une maladie de la thyroïde, ou encore des malformations utérines ou pelviennes, des fibromes, des polypes …

Chez l’homme

Là aussi les causes peuvent être nombreuses :

  • Altérations du nombre, de la mobilité et/ou de la morphologie des spermatozoïdes
  • Troubles hormonaux, comme un déficit d’hormones masculines
  • Antécédents de traumatisme, de chirurgie ou d’infections
  • Ejaculation rétrograde, varicocèle (dilatation des veines au-dessus et autour de chaque testicule)
  • Maladies génétiques, malformations …

Dans le couple

Certains comportements ou modes de vie sont également préjudiciables à l’apparition d’une grossesse : tabac, excès d’alcool, surpoids, rapport sexuels peu nombreux et/ou en dehors de la période fertile, voire tout simplement, et malheureusement, peur … de ne pas avoir d’enfant !

 

Références :

1 – Recent advances in medically assisted conception ; WHO technicals report series: Geneva 1992


Prise en charge : les premières démarches

 

Le bilan d’infertilité
Un bilan médical est généralement préconisé après une période de 18 à 24 mois de relations sexuelles infructueuses, pour un jeune couple sans risque connu, mais pour un couple plus âgé, ou ayant un passé gynécologique ou andrologique supposant une possible fertilité insuffisante, il est alors recommandé dès le 6ème mois d’en pratiquer un (1). Il permet de préciser la ou les causes de l’infertilité en s’appuyant au besoin sur des examens complémentaires qui implique les deux membres du couple (spermogramme chez l’homme et un bilan hormonal chez la femme). A l’issue de ce bilan, plusieurs solutions thérapeutiques sont proposées. Elles sont le plus souvent d’ordre médicamenteux ou chirurgical. Si une infertilité majeure est décelée, le couple est d’emblée orienté vers un centre d’assistance médicale à la procréation (AMP).

Les traitements médicamenteux initiaux
Le traitement le plus courant de l’infertilité est la stimulation ovarienne. Elle consiste à stimuler l’ovaire à l’aide de traitements hormonaux (anti-œstrogènes ou hormones comme la FSH, habituellement sécrétée pour stimuler les ovaires). On obtient ainsi le développement simultané de plusieurs follicules, chacun contenant un ovule. Lorsque leur développement est jugé satisfaisant, l’ovulation est déclenchée par une injection. D’autres traitements (anti-infectieux, etc.) sont également prescrits en fonction du bilan personnel et une supplémentation vitaminique est souvent instituée (vitamine B12 et acide folique), notamment chez les femmes souffrant d’ovaires polykystiques.

La chirurgie de la reproduction
Chez la femme, il s’agit avant tout de la chirurgie des trompes. On peut également supprimer des lésions d’endométriose, des d’adhérences pelviennes, des polypes… Chez l’homme, la chirurgie s’adresse essentiellement aux cas de rétrécissement du canal déférent ou à certaines varicocèles importantes.

 

REFERENCES

1 – www.procreation-medicale.fr/infertilite/les-causesde-infertilite/


L’assistance médicale à la procréation

 

L’assistance médicale à la procréation (AMP) ou procréation médicalement assistée (PMA) consiste à reproduire en laboratoire une partie des processus naturels de la fécondation. Plusieurs techniques sont disponibles, chacune d’indications précises. Elles permettent aujourd’hui d’envisager plus sereinement la venue d’un enfant en cas d’infertilité.

L’insémination artificielle
Elle consiste à recueillir et à préparer le sperme du conjoint pour l’injecter dans l’utérus de la femme au moment de l’ovulation, le plus souvent après stimulation ovarienne. La fécondation se fait donc naturellement, à l’intérieur du corps de la femme.

La fécondation in vitro (FIV)
La fécondation et les premières étapes du développement embryonnaire s’effectuent in vitro, c’est-à-dire en laboratoire. Les ovules sont obtenus après une stimulation ovarienne importante (FSH). Ils sont prélevés par ponction puis mis en milieu de culture, en contact avec les spermatozoïdes du conjoint recueillis le jour même.

fiv_endocell

1- Stimulation de l’ovulation et ponction ovarienne pour recueil des ovocytes
2- Mise en présence des spermatozoïdes avec l’ovocyte pour la fécondation
3- Développement de l’embryon in vitro
4- Transfert de(s) embryon(s) dans l’utérus

 

On laisse ensuite les embryons se développer pendant 48 heures, voire 5 jours (ce que l’on appelle la culture prolongée). Les embryons sont ensuite transférés dans la cavité utérine, où ils pourront effectuer leur nidation.

La micro-injection de spermatozoïdes
Elle consiste à injecter un spermatozoïde directement dans l’ovule, au lieu d’attendre que la fécondation ne s’effectue spontanément comme lors d’une FIV. Les autres étapes sont identiques à celles de la FIV, depuis la stimulation ovarienne jusqu’au transfert d’embryons.

Enfin, les dons anonymes d’embryons ou de gamètes (ovocytes et/ou sperme) représentent parfois un ultime recours.

Aujourd’hui, près de 3 % des enfants naissent ainsi par AMP en France en 2012 (1).

 

REFERENCES

1 – Agence de biomédecine, Activité d’assistance médicale à la procréation 2012


Faq

1 . En cas de difficulté à être enceinte, peut-on en parler à son médecin traitant ?

Bien sûr, c’est le premier interlocuteur, surtout si l’on n’est pas suivi par un gynécologue. Le médecin généraliste est parfaitement qualifié pour confirmer l’infertilité du couple par un questionnement approfondi et, si nécessaire, des tests simples : courbe de température, dosages hormonaux, échographie chez la femme ; spermogramme chez le conjoint.
En fonction des résultats, il saura orienter vers un gynécologue spécialisé dans le domaine de l'infertilité.

2 . Où se pratique la FIV ?

La FIV, comme toute aide médicale à la procréation (AMP), ne se pratique que dans des centres habilités, avec une équipe technique et médicale agréée. Ces centres se situent aussi bien à l’hôpital qu’en clinique.

3 . Qu’est-ce c’est, au juste, que le syndrome des ovaires polykystiques ?

C'est une anomalie d’origine hormonale assez fréquente, puisqu’elle touche 10% des femmes. Elle est responsable d’absences d'ovulation et de règles irrégulières. Elle se manifeste aussi souvent par un surpoids ou une obésité, de l'acné, une augmentation de la pilosité...
On n’en connaît pas encore précisément les causes, mais lorsqu’un couple souhaite un enfant, des stimulations ovariennes permettent en général de rétablir l’ovulation.

Contactez-nous

Dernière mise à jour le : 22/06/2015